Lettre à une femme de routier offensée…

J’ai écris il y a quelque temps un article sublime de stupidité sur l’apprentissage du décalaminage de pot pour devenir Biker. J’avais avoué ma préférence personnelle pour les camions plutôt que pour les bikes, pour parler hype…

J’ai depuis reçu des milliers de lettres d’insultes de militantes de Ni Putes ni soumises et de leurs mamans, anciennes de MLF. Mais c’est un courrier particulier qui m’a touché. Celui d’une femme de chauffeur de poids-lourds qui a pris ma déclaration d’amour au camion américain pour une attaque gratuite et ironique de plus contre une profession de mal-aimés, les Routiers.

Alors il faut que je vous dise… Psestos aime les camions, il les kiffe depuis qu’il a 2 ans et demi et qu’il est capable de reconnaître un Volvo d’un Mercedes au bruit du turbo.

Je vous le jure… Et il aime encore plus les Routiers.

Pas plus tard que dimanche dernier, j’ai sidéré à mort mes hôtes d’un soir. Nous étions sagement assis dans le canapé, sirotant un café, canardant un verre de chartreuse, et nous regardions Zone interdite sur M6. Le thème de l’émission avait un petit côté « Beaufland », montre moi ton camping car et je te dirai qui tu es…

Vous me croyez si vous voulez : séquence plan rapproché sur des boutons d’allumage d’un truc qui pourrait être un autre camping car, ou un bus, gros plan sur le volant, sur le démarreur, je regarde, je vois les polices des caractères du tableau de bord sans voir la marque, j’entends le moteur démarrer et je dis à l’assemblée « Ca sent le Peterbilt… »
Et là, grand moment de jouissance, plan large sur le camion… un Peterbilt…

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Les hommes sciés, les femmes interloquées… 5th Element super fière de montrer que son intello de mec a du turbo et de la pompe hydraulique dans le caleçon…

Si j’avais écouté mon coeur plutôt que ma raison, à la sortie de la 3ème je serais Vraiment allé faire mon CAP de routier, et mon frangin est Vraiment routier…

D’ailleurs, j’ai en préparation un truc là-dessus pour vous, public adoré, parce qu’à 37 ans on en a plus rien à foutre de déballer ces rêves d’enfances… Au contraire, c’est bon et ça fait du bien…

Alors toi, femme de routier, excuse moi si je t’ai offensée. Je sais ce qu’est la vie d’un routier. Je ne sais que trop surtout ce qu’est la vie d’une femme de routier, ce qu’est celle de ses enfants. Mais je sais aussi la fierté d’un enfant qui dit au revoir le dimanche soir pour la semaine à son père perché au volant de son 480 chevaux… Et le plaisir le vendredi, devant les copains, de voir passer rutilant et ronflant le camion paternel devant l’école communale, et de sentir sa gorge se serrer en entendant le compresseur du klaxon américain faire trembler toutes les vitres du quartier.

Roule, Routier…

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Et toi, esprit chagrin et courroucé qui t’es tapé la file de camion primeurs sur l’A7 en rentrant de ton super week-end à la Grande-Motte sous la neige… Tais-toi et passe ton chemin : ce que tu as dans ton frigo, c’est un Routier qui te l’a apporté.